Neuropédagogie : la mémoire
1) La mémoire à court terme (MCT)
1.1. Définition
Faculté cognitive permettant la sélection, le traitement, l’organisation et le maintien d’une quantité limitée d’informations pendant un temps relativement court.
1.2. Propriétés
Des composantes inactives (1) et actives (2) :
Le stockage
Le traitement des informations (= mémoire de travail (MDT))
1) Le stockage : le nombre d’informations pouvant être stockées en mémoire à court terme, appelé “empan mnésique” varie selon les individus entre 4 et 6 éléments. De nombreuses études ont tenté d’augmenter, par l’entraînement, cette capacité limitée (Erickson, 1980) . Elles ont montré que si l’amélioration des performances de mémorisation est possible, c’est uniquement en raison de l’apprentissage de stratégies de regroupement des informations (chunks). Exemple : les chiffres 1 et 8 (deux informations) peuvent être regroupés en 18 (une information).
2) Le traitement : les informations sensorielles sont traitées en mémoire de travail par 2 systèmes : la boucle phonologique (informations auditives) et le calepin visuo-spatial (informations visuelles). L’administrateur central gère les ressources cognitives allouées au traitement par la coordination des deux systèmes.
Fig. 1. La mémoire de travail (Baddeley, 1992)
1.3. Impacts sur l’apprentissage
Insister sur les liens physiques (carte mentale, mindmap) et sémantiques entre les éléments du contenu. C’est le principe de contiguïté spatiale et temporelle (Mayer, 2009).
Distribuer l’information sous différents formats : texte, image, vidéos, sons. L’apprenant se crée une image mentale plus riche et plus stable du contenu sous plusieurs dimensions : verbale (mots), picturale (images), auditive (sons). C’est le principe de multimédia (Mayer, 2009).
Répéter l’information permet de l’intégrer, d’automatiser son rappel, et d’ainsi libérer des ressources attentionnelles pour d’autres apprentissages.
Décomposer l’objectif principal en sous-objectifs (voir : pédagogie par objectifs : Bloom, 1969)
Mais : laisser la possibilité à l’apprenant de faire le lien avec le but final à tout moment de l’apprentissage (voir : théorie psychologique de la Gestalt et l’effet d’insight : Köhler, 1921 ). Chaque apprenant a ses propres connaissances antérieures et sa propre progression, ce qui implique de permettre une certaine liberté de parcours.
2) La mémoire à long terme (MLT)
1.1. Définition
Faculté cognitive de stockage illimité d’informations sur des périodes de temps très longues.
1.2. Propriétés
Une fois traitées par la MDT, les informations sont consolidées puis stockées en MLT.
Fig. 2. Cycle de traitement des informations en mémoire à long terme
L’une des clés pour favoriser la rétention des informations apprises réside dans la réduction du temps s’écoulant entre les phases de stockage et de rappel.
Courbe de l'oubli
La courbe de l’oubli illustre l’intérêt fondamental de la répétition. Il apparaît plus efficace de concentrer les rappels les premiers jours après la séance d’apprentissage, puis, de les espacer progressivement, tout en variant les méthodes de rappel.
rappel libre : production libre de l’apprenant
rappel indicé : production étayée par l’enseignant
reconnaissance : QCM, vrai-faux, boutons radio …
1.3. Impacts sur l’apprentissage
Répéter les informations, sous différentes modalités (texte, vidéo…) pour alléger la MDT.
Multiplier les tests et phases de rappel.
Alterner phases d’apprentissage/tests.
Interférence lors de deux apprentissages procéduraux en parallèle
Sources
Ericcson, K.A. (1980). Acquisition of a memory skill.
Mayer, R. E. (2009). Multimedia learning (2nd ed). Cambridge: Cambridge University Press.
Bloom, B.S., et al. (1969) Taxonomy of Educational Objectives, Volume 1, Cognitive Domain. Education Nouvelle, Montréal.
Ebbinghaus H (1913/1885) Memory: A contribution to experimental psychology. Ruger HA, Bussenius CE, translator. New York: Teachers College, Columbia University.